« Maîtresse d’un homme marié », la série africaine qui vole la vedette aux télénovelas au Burkina Faso

Maîtresse d’un homme marié est une série télévisée sénégalaise en wolof, retranscrite en français pour la première saison. La fiction aborde entre autres thèmes : l’adultère, la polygamie, le viol, le regard de la société sénégalaise sur la femme mère et divorcée.

Diffusée le 25 janvier 2019 sur la chaîne de télévision privée sénégalaise 2STV, ce n’est qu’en mars 2020, que la diffusion de la saison 1, dans sa version française, est intervenue sur la chaîne A+. Cette diffusion a ainsi révélé la série au public burkinabè qui, s’en est montré fan dès les premiers épisodes. Décrit comme féministe par certains et devenu un phénomène de société au Sénégal, cela n’en demeure pas moins au Burkina Faso.

« Maîtresse d’un homme marié, Épisode 14. Ma scène du jour : Au restau, Racky et son dragueur. La facture tombe. Le gars peine à trouver les moyens pour payer la facture. Elle sort le grand jeu en aidant au paiement de l’addition. Voilà une femme qui prend des points et n’est pas là que pour manger mais participe aux dépenses », avons-nous pu lire sur la page Facebook de l’activiste et membre du mouvement le Balai citoyen, Rasmane Zinaba, alias Coachzine. Ce dernier n’a pas manqué de souligner qu’il est un grand fan de la série qui, a fait objet de plusieurs publications commentées sur la page. « La quarantaine fait voir de belles choses à la TV. Bravo aux sénégalais pour cette impeccable série », avait-il par ailleurs déclaré. Cette publication a fait suite à des commentaires de bon nombre de ses suiveurs, tout aussi fan de la série.

Pour les femmes de la famille Kaboré dans le quartier Tanghin, situé dans la capitale burkinabè, actuellement, elles préfèrent aller sur A+ pour suivre Maîtresse d’un homme marié, plutôt que El diablo sur Novelas tv, qui passe à la même heure. « Je m’identifie à Djalika. J’apprécie beaucoup son rôle », lance Glwadys, l’une des filles de la famille.

Marème Dial est la maîtresse de Cheikh Diagne, l’homme marié de la série. Un statut qu’elle assume depuis qu’elle l’a accepté dans sa vie. Très hautaine, « entière », « non conventionnelle » et « audacieuse », le personnage de Marème brise les codes de la société sénégalaise. Marème « représente cette part de nous que nous préférons cacher. Elle a été créée pour le débat et ça marche », avait confié Kalista Sy, la scénariste de la série, à une presse nationale. Le personnage de Marème est très controversé. Parmi les nombreux téléspectateurs de la série, on compte les pro-Marème et les détracteurs du personnage. Ces derniers sont soit touchés par l’histoire de Lalla, la parfaite épouse dont le mari a une liaison avec Marème Dial, soit partisans de la monogamie.
Dans tous les cas, le personnage de Marème trouve ses plus grands fans dans le public masculin, très admiratif de la « grande séductrice » qu’est Marème.

« Mais si le débat se cristallise sur Marème Dial et si la série a été médiatisée pour cette raison, Maîtresse d’un homme marié a aussi trouvé son public en valorisant les sociétés africaines à travers les tenues de créateurs locaux, les actrices aux cheveux crépus et les scripts en wolof », foi de la journaliste sénégalaise, Salma Niasse Ba.

Cela dit, Maîtresse d’un homme marié doit résonner comme une interpellation aux scénaristes et producteurs africains d’une part et d’autre part, aux artistes de façon générale. Il n’a fallu que quelques mois à cette série pour influencer la consommation du public africain en matière de série. Le marché de la cinématographie reste encore à gagner en Afrique.

Valea, Gulmu.info

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