Terrorisme: « L’HEURE EST AU SURSAUT PATRIOTIQUE POUR VAINCRE LE TERRORISME » Ernest P. YONLI

Originaire de l’Est du Burkina où les groupes terroristes sévissent, l’ancien premier ministre burkinabè Ernest Paramanga Yonli sort de son long silence dans cette tribune pour inviter les Burkinabè au sursaut patriotique face aux forces du mal

Le Burkina Faso, pays des Hommes intègres, est aujourd’hui la cible du terrorisme islamique qui vise, avec toute sa violence, à déstabiliser notre État et à brûler nos valeurs de tolérance et de partage. Notre peuple, qui aspire simplement à la liberté, au travail et au bonheur, est, depuis plus de trois ans, meurtri d’une souffrance psychologique et d’une menace physique, le poussant à se déplacer massivement.

C’est aujourd’hui tout un pays qui vit au rythme des cérémonies funéraires civiles ou militaires, dans une économie ralentie, proche de l’asphyxie, où certains villages s’interrogent sur le manque prochain de vivres, alors que l’ONU parle d’une nouvelle crise humanitaire. Dans ce climat où des djihadistes rêvent de faire exploser le pays, le risque immédiat est plutôt celui d’une implosion sociale tant notre peuple a le sentiment d’être livré à lui-même face à la nébuleuse djihadistes.

Je sens monter cette révolte de notre peuple et il est de mon devoir de lancer cette alerte.

Or, selon la communauté internationale, il reviendrait aux pays du Sahel de traiter seuls les conséquences de ce terrorisme islamique musclé d’armes de dernière génération.

La France, qui dirige l’opération Barkhane, l’a bien compris en s’impliquant sur le terrain et en risquant la vie de ses soldats. Les populations du Sahel sont forcément reconnaissantes aux 13 soldats français, et à leurs familles, de leur courage et de leur dévouement ainsi qu’au soutien de la France. Il ne peut y avoir sur ce sujet aucun malentendu.

Notre armée, très bien formée et vaillante, fait, elle aussi de son mieux, avec ses moyens matériels, souvent vétustes, pour combattre ce terrorisme diffus qui arrache chaque jour la vie de nos soldats. L’urgence étant au rétablissement de la sécurité, notamment à la frontière Nord avec le Mali, personne ne doit douter un instant de l’engagement de notre pays dans la lutte contre le terrorisme, à l’image des centaines de djihadistes éliminés par nos soldats.

Pour avoir eu l’honneur de diriger le gouvernement de mon pays pendant sept ans et avoir œuvré avec mes équipes à son unité et à son progrès, je sais que notre jeunesse a des aspirations nobles pour la défense et le développement de notre pays

Histoire commune. Conscient que le soutien militaire de la France et d’autres pays est nécessaire pour rétablir la sécurité au Sahel, notre peuple veut cependant avoir la certitude d’être maître de son destin. Ce qui déchaîne forcément des prises de position violentes. Mais du fait de notre histoire commune, complexe mais toujours amicale, chacun doit veiller, de part et d’autre, au respect et à la considération, s’agissant des relations entre le Burkina et la France.

Pour avoir eu l’honneur de diriger le gouvernement de mon pays pendant sept ans et avoir œuvré avec mes équipes à son unité et à son progrès, je sais que notre jeunesse a des aspirations nobles pour la défense et le développement de notre pays. Elle a toujours été à la pointe du combat à chaque moment historique.

Nous devons d’urgence en finir avec le terrorisme pour permettre au peuple burkinabé de se bâtir un avenir sur une terre de paix et de prospérité. Nous devons tous, jeunes et moins jeunes, nous retrousser les manches. C’est notre responsabilité et nous le devons à la jeunesse du Burkina Faso, dont l’unité et l’amour du pays constituent l’engrais du progrès et de la prospérité.

L’heure n’est ni au renoncement, ni à des appels contre la communauté internationale ou la France. L’heure est au sursaut patriotique pour vaincre le terrorisme et garder la nation debout, unie et solidaire.

Paramanga Ernest Yonli
Ancien Premier ministre du Burkina Faso, de 2000 à 2007.
Tribune publiée sur lopinion.fr

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